Daniel Menche - Cave Canem

Habituellement, quand un musicien me plaît, j'ai la facheuse tendance obsessionnelle à vouloir écouter tout ce qu'il a fait, ce qu'il fait et fera. Mais pour certains, ça se passe différemment, je me laisse guider par le hasard, je les écoute quelques semaines, les oublie plusieurs mois, plusieurs années, puis y revient avec plaisir toutjours. C'est le cas de Daniel Menche donc. Sa discographie est massive, et j'ai beaucoup aimé ce que j'ai entendu de lui (à moins que j'en oublié certains qui m'ont déplu), mais pourtant, je ne cherche jamais à en écouter davantage que ce que le hasard ou des envies subites mettent dans ma platine. J'aime beaucoup sa musique, mais je pense que je pourrais vite m'en lasser, alors je l'écoute de temps en temps, je l'apprécie le temps de l'oublier, puis j'y retourne. Du coup, je ne pense pas avoir entendu un disque de ce dernier depuis deux ou trois ans maintenant, mais c'est avec plaisir que je découvre Cave Canem cette année.





Des quelques souvenirs que j'en ai, j'ai l'impression que Daniel Menche utilise presque toujours la même formule, mais en changeant les instruments. Sur Cave Canem, Daniel Menche propose donc (encore j'ai envie de dire) une sorte de drone aux rythmiques tribales, accompagné d'effets électroniques. Un bourdon, une rythmique lancinante, des sonorités exotico-ésotériques, et de la noise, voilà les quatre couches qui composent chacune des trois pièces présentées sur ce "disque" (je le mets entre guillemets puisque c'est une édition uniquement digitale).

Daniel Menche utilise ici une slide guitar avec une seule corde, un vibraphone, une batterie et de l'électronique. La guitare en guise de tampura pour le bourdon harmonique, le vibraphone en guise de gamelan, la batterie réduite aux toms basses pour les rythmiques tribales, et de l'électronique discret pour accentuer le tout, surtout les spectres harmoniques mais également pour donner une effet plus agressif et abrasif.

Voilà les quelques ingrédients de Daniel Menche pour nous faire un drone bien tribal, à moitié rock, à moitié noise, un drone planant et abrasif, exotique aussi. Une recette originale pour une musique plaisante. Je ne trouve pas ce disque fantastique, le détournement et l'utilisation des instruments est "facile" en quelque sorte, mais j'apprécie cet aspect noise mystico-tribal, et on se laisse facilement prendre au jeu de ce voyage lumineux, abrasif, et lourd fait d'accélérations, de crescendo, de saturations et de superpositions.


DANIEL MENCHE - Cave Canem (téléchargement, autoproduction, 2016) : https://danielmenche.bandcamp.com/album/cave-canem



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