samedi 12 février 2011

Thomas Ankersmit - Live in Utrecht


THOMAS ANKERSMIT - Live in Utrecht (Ash International, 2010)

Thomas Ankersmit: Serge analogue modular synthesizer, computer, alto saxophone. Pre-recorded saxophone and reel-to-reel parts composed by Valerio Tricoli, with source material by Ankersmit.

01. Live in Utrecht

Je profite de la venue imminente de l'artiste hollandais au festival Cable# (Nantes) pour parler de son dernier disque. Après deux autoproductions maintenant introuvables et un split avec Jim O'Rourke, Ankersmit nous délivre enfin un disque solo. Pour commencer ce live formé d'un seul morceau, il y a une longue et aérienne nappe sonore, d'apparence fixe, elle est tout de même mouvementée comme une note pourrait l'être par un vibrato. Mais Ankersmit a l'esprit dialectique, et la confrontation des contraires ne se fait pas attendre. Très vite, des signaux dignes d'un John Wiese en version minimaliste et éthérée s'ajoutent, s'opposent, et interfèrent avec notre nappe sonore initiale. Ses mêmes signaux en viennent à se transformer eux-mêmes en une nappe toujours mouvementée de l'intérieure par un balancement/vibrato obsessionnel. 

Description très succincte et très partielle de ce qui peut se passer durant ce live. Ce à quoi je voulais en arriver, c'est surtout à cet aspect dialectique de la musique d'Ankersmit. Très noise, dissonante et saturée, elle n'en est pas violente pour autant, il y a toujours quelque chose qui vient adoucir et équilibrée le moindre élément agressif. Très minimale et abstraite, cette musique n'en est pas pour autant insensible ni exempte d'émotions, et une forme harmonique de beauté intervient régulièrement au milieu des interférences sinusoïdales et des imperfections sonores saturée. L'utilisation de l'électronique est également contrebalancée par le synthé analogique et le saxophone, ce qui permet d'échapper à l'aspect parfois trop abstrait de l'improvisation électroacoustique. Toutes les frontières se brouillent et se confondent dans cet enregistrement entre architecture sonore, improvisation électroacoustique et musique concrète, l'équilibre est parfait, l'émotion immense, notamment grâce à la structure organique et dialectique de cette composition instannée.  

J'espère que d'autres documents viendront compléter la mince discographie d'Ankersmit, d'autant plus que sa musique, dans la mesure où la spontanéité n'est pas le principe de composition, se prête particulièrement bien à l'écoute privée. En attendant, je ne peux que vous conseiller de gouter cette interpénétration géniale des modes de jeux et d'écritures qui abolissent les conventions musicales pour mieux dévoiler de nouveaux horizons.

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