Johnny Chang, Angharad Davies, Jamie Drouin, Phil Durrant, Lee Patterson, John Tilbury - Variable Formations

CHANG/DAVIES/DROUIN/DURRANT/PATTERSON/TILBURY -  Variable Formations (Another Timbre, 2013)
Londres, au café OTO, un soir de février 2013, six musiciens prenait place pour une soirée particulière intitulée Variable Formations, à l'initiative de Johnny Chang. Plusieurs groupes proposaient leurs travaux, avant de se rencontrer pour une pièce improvisée axée sur le travail de chacun et la relation entre les différentes performances. John Tilbury (piano) a ouvert cette soirée seul, suivi du duo Johnny Chang (violon alto)/Jamie Drouin (synthétiseur analogique et radio), puis du trio Angharad Davies (violon)/Phil Durrant (électronique)/Lee Patterson (objets amplifiés).

Le disque est l'enregistrement intégral de la performance en sextet, une performance qui réunit de nombreux musiciens que j'aime beaucoup, des musiciens intéressés par l'improvisation libre, wandelweiser, et la musique expérimentale américaine. Et parmi ces musiciens, il y en a certains que j'admire profondément (Tilbury et Davies), et d'autres qui m'ont déjà réservé de très bonnes surprises (Drouin notamment, mais aussi Durrant bien sûr). Tout ça pour dire que j'aurais du aimer ce disque, mais non. Ce n'est pas mauvais, non, mais le sextet semble avancer en terrain conquis, et les idées fortes et innovantes de certains, comme les parti-pris radicaux des autres, tout ceci semble noyé dans une direction sans surprise. A écouter cette performance, il y a quelque chose du cliché : les musiciens jouent de longues notes tenues qui forment des blocs à l'intérieur desquels il y a des répétitions, les bruits ne se distinguent pas des notes, l'improvisation avance sur une ligne ténue et faible, mais très linéaire, il y a tous les ingrédients de ce qu'on a envie d'appeler le réductionnisme. Je n'ai rien contre, seulement ici, chaque musicien semble reposer sur ses lauriers un peu. On a l'impression que le sextet n'a pas eu le temps de construire une pièce collectivement, et qu'il joue donc sur ce qu'on attend d'eux, mais non sur une idée forte ou intéressante.

Ceci-dit, pour une improvisation libre et une rencontre spontanée, le résultat est tout de même étonnant. Le son du groupe est homogène, et le sextet sait très bien gérer l'équilibre entre les instruments, les personnalités et les formations. La recherche sonore est réussie, le son est plutôt beau, mais en terme de recherche, on ne voit pas trop où le groupe veut en venir. J'imagine que l'expérience en valait le coup, que ça devait être intéressant de voir ces six musiciens se rencontrer après leurs différentes propositions. Mais cet enregistrement du final ne me paraît pas si intéressant en soi, et il semble manquer le principal en oubliant les trois performances qui ont précédé...

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