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Radio Cegeste - three inclements (the ocean does not mean to be listened to)

Après deux superbes collaborations avec Lee Noyes, l'artiste néozélandaise Sally Ann McIntyre, alias Radio Cegeste, propose son premier disque solo sur le label anglais Consumer Waste, un disque poétiquement intitulé three inclements (the ocean does not mean to be listened to). Trois pièces d'environ dix minutes enregistrées lors d'une résidence sur une petite île proche de la Nouvelle-Zélande.

Radio Cegeste a utilisé pour ces pièces différentes radios qui captent plusieurs rangs de fréquences, ainsi qu'un violon cassé. Au bord de la plage et dans des réserves naturelles, Radio Cegeste improvise et manipule des fréquences courtes, moyennes et très basses. La radio est un outil largement utilisé dans les musiques expérimentales depuis plusieurs décennies maintenant. Mais ce n'est qu'avec Radio Cegeste que j'ai eu l'impression de découvrir tous ses potentiels. Sally Ann McIntyre utilise la radio comme un instrument complexe, elle l'utilise comme un outil à deux facettes, une première abstraite et bruitiste, et une seconde chaleureuse, humaine et mélodique. La radio forme la voix de l'homme, de la technologie, de la communication. C'est aussi un instrument de diffusion musicale. C'est humain et organisé, et en même temps, quelque chose de chaotique et d'aléatoire, quelque chose d'une vie souterraine, est présent dans toutes les fréquences en stand-by, toutes les fréquences inutilisées où les courants électriques ne diffusent que des bruits blancs de toutes sortes.

Radio Cegeste utilise ainsi ces informations sonores qui donnent des indications géographiques, sociales et historiques pour dialoguer avec une terre naturelle, neutre, vierge. La technologie et les médias font irruptions dans un environnement étranger, et Radio Cegeste utilise principalement les données les plus chaotiques de cette technologie pour dialoguer avec l'île où elle réside. Une réserve naturelle, une femme munie de radios et d'un vieux violon. Les éléments clés pour un dialogue artistique entre la nature, la technologie, l'espace vierge d'une réserve naturelle et l'espace saturé de la communication. Les fréquences radios reflètent l'activité humaine et se trouvent en contraste avec l'activité naturelle riche et chaotique, en contraste et en parallèle, car à travers le filtre des fréquences radios, les activités humaines (technologies et communications) semblent aussi riches et chaotiques, aussi saturées que les activités naturelles (vents, marées, chants d'oiseaux, etc.).

La dernière chose que je voudrais noter à propos de l'utilisation des radios chez Sally Ann McIntyre, c'est l'approche musicale et mélodique qu'elle travaille depuis plusieurs années. Les fréquences radios semblent autant d'éléments mélodiques que les cordes de son violon, elle les aborde avec finesse, chaleur, poésie, et musicalité. Elle joue sur les timbres et sur les hauteurs de la même manière qu'avec les harmoniques de son violon, et c'est ce qui fait toute la beauté des installations radiophoniques de Radio Cegeste. Très beau travail encore.

RADIO CEGESTE - three inclements (the ocean does not mean to be listened to) (CDr, Consumer Waste, 2014) : lien

idealstate no-number series [DL]

Il y a quelques mois, le musicien néozélandais Lee Noyes a choisi de créer une sous-section de son label idealstate avec les no-number series, une collection d'albums variés, proposés par beaucoup de proches de Noyes, en téléchargement gratuit sur bandcamp. Quelques extraits de cette série.

LEE NOYES & RADIO CEGESTE - If witness was an architect (Idealstate, 2013)
Sur le label idealstate, mon disque favori est sans aucun doute l'excellent duo de Lee Noyes et Radio Cegeste ("nom de scène" de Sally Ann McIntyre), et c'est donc avec un grand plaisir que j'au retrouvé cette formation au milieu de cette série. Lee Noyes est crédité ici aux percussions et feedback, tandis que la liste des outils utilisés par Radio Cegeste est excessivement longue (en gros, des petites radios, un 78 tours, un Theremine artisanal, une boîte à musique qui joue du Piaf et des field-recordings).

Encore une fois, la rencontre entre ces deux musiciens est une réussite. Et bien sûr, les boucles d'insectes et d'oiseaux et les fréquences radio discrètes de Radio Cegeste n'y sont pas pour rien. Le duo compose une pièce de vingt minutes assez calme, faite de percussions frottées, de larsens et de fréquences radio à faible volume, et de field-recordings détournés. L'atmosphère que produit ce duo est encore une fois unique : le chant des oiseaux se mêle facilement au caractère abrasif des radios et des transmetteurs, les instruments acoustiques dialoguent avec les perturbations électromagnétiques, etc. Un dialogue subtil et fin qui aboutit à une pièce qui joue sur des boucles, des entremêlements de sources, etc. Il n'y a pas de différence entre les instruments, les parasites électroniques abstraits et les enregistrements concrets, tout est sur le même plan : un plan poétique et musical, d'une finesse, d'une sensibilité et d'une créativité envoutantes. Vraiment conseillé, excellent travail.

http://idealstatenonumberseries.bandcamp.com/album/if-witness-was-an-architect

MATT EARLE/TIMOTHY GREEN/ADAM SUSSMANN/MASSIMO MAGEE - Opera (Idealstate, 2012)
Opera a été une des premières publications de cette série, durant l'été 2012. Il s'agit d'une pièce de vingt minutes réalisée par Timothy Green (cymbales & électronique), Massimo Magee (VCR), et le duo Stasis, soit Matt Earle & Adam Sussmann (électronique). Le quartet propose une longue improvisation assez calme et linéaire, avec quelques ruptures fortes et bruitistes par moment (des moments toujours très bien choisis). Mais de manière générale, les quatre musiciens évoluent sur un territoire très abrasif, fait d'électroniques bruts, sans trop d'effets, de l'électronique abstrait à partir de micro-contact et de modifications magnétiques. Des larsens très très aigus, des objets amplifiés, des fréquences instables, des buzzs, des silences et des perturbations électromagnétiques. Du noise réductionniste et abstrait, minimaliste et dur, qui joue sur le parasitage brut et pur, sur la simplicité et l'écoute. Pas mal du tout.

http://idealstatenonumberseries.bandcamp.com/album/opera

GIL SANSON & BRUNO DUPLANT - same place (Idealstate, 2014)
Je me rends compte que ça fait un bout de temps que je n'ai pas chroniqué un disque de Bruno Duplant, ça aurait bientôt fait un an, et c'est pourtant un des artistes que je connaisse les plus prolifiques en terme de publication. J'en chroniquerai d'autres bientôt, mais je profite de ce petit article sur le projet éditorial de Lee Noyes pour parler de la collaboration entre Bruno Duplant & Gil Sansón.

Comme pour les titres précédents, il s'agit toujours d'une seule pièce d'une vingtaine de minutes. Les artistes n'ont pas indiqué qui fait quoi, ni comment. Ce qu'on entend, c'est une sorte de field-recording ambiant, comme un espace vide dont on entendrait que des résonances minimalistes, quelques objets et percussions de temps à autres, et une fréquence ultra aiguë. L'atmosphère de cette pièce est vraiment particulière, il ne se passe pas grand chose, mais l'impression que quelque chose de grave ou de sombre va très vite arriver est constante. Une pièce sombre, minimale, austère, et radicale. Les deux musiciens proposent une sorte d'eai ultra minimaliste qui lorgne sur la composition, une pièce dure, hypnotisante et flippante ; en tout cas, ça vaut le coup d'y jeter une oreille. 

v-p v-f is v-n (winds measure, 2012)

 
Un titre énigmatique pour une compilation qui l’est tout autant. Durant deux heures et vingt minutes, c’est toute une multitude de pièces phonographiques et de field-recordings par de nombreux musiciens et artistes sonores internationaux.  Les durées de chaque pièce sont très variables, entre une et quinze minutes... Entre autres, on peut trouver sur cette compilation les artistes Daniel Blinkhorn, Ben Owen, Jason Kahn, Jez Riley French, Éric La Casa, Sally McIntyre, Simon Whetham, Patrick Farmer, Michael J. Schumacher, Lasse-Marc Riek. Pour une description détaillée de chaque pièce, je vous conseillerais plutôt de vous reporter à la chronique (en anglais) de Brian sur le blog Just Outside, car ici, je ne m’arrêterais que sur quelques pièces.

Une des pièces les plus marquantes de cette compilation a tout d’abord été pour moi gate de Martin Clarke. Malheureusement, 4 minutes et 51 secondes c’est un peu court. Il semblerait qu’une installation à base de tuyaux métalliques ait été préparée au bord d’un océan. On entend donc ici le ressac (l’eau est un élément récurrent sur toute la compilation), quelques oiseaux, et surtout le vent, le vent en lui-même et celui qui s’engouffre dans les tuyaux en produisant de magnifiques harmoniques. Toujours sur le premier CD, on trouvera aussi aqve de Renato Rinaldi. Je pense qu’il s’agit également d’une installation sonore, en intérieur cette fois, car les outils et machines aux sonorités industrielles déploient de vastes résonances dans l’espace sonore. Une merveilleuse construction technique qui permet à un univers sonore déroutant, onirique et surnaturel d’émerger. Des boucles mécaniques et métalliques pour une pièce envoutante et absorbante. Ce premier disque est conclu par Jez Riley French avec le suprenant bathroom then barn estonia. Une pièce d'un quart d'heure qui commence par un son aigu faible et léger, comme le discret bruit d'une prise électrique, avant de pénétrer dans une grange bruyante, pleine de vent avant tout, un vent sourd et omniprésent qui fait vibrer certains objets, mais aussi pleine de pigeons qui roucoulent et s'envolent, de coqs et d'oiseaux. Très riche.

S'il y a bien un artiste incontournable dans les champs du field-recording et de l'art sonore, c'est à mon sens Éric La Casa, qui ouvre ce second disque avec night train in montlouis. Un magnifique voyage, statique semble-t-il, à l'intérieur d'un train. Heureusement que le titre l'indique, car je ne suis pas sûr d'avoir réussi à le déterminer sinon, le son est étrange, fantomatique et spectral, on ne sait d'ailleurs pas toujours si l'on est à l'intérieur du train ou sur les rails aux côtés de rapaces nocturnes [correction par Eric: "je ne suis pas dans le train... mais à des kilomètres... je suis de l'autre côté de la vallée, et de la Loire, dans lequel ce train passe... d'où le lointain fantomatique, ce bruit de fond en mouvement... et les mouettes"]. Juste après vient Sally McIntyre (alias Radio Cegeste) qui nous emmène sur une étrange plage calme avec waiorua rotations. On entend bien évidemment un léger ressac, ainsi que des oiseaux marins (ou non), mais aussi et surtout, ce qui fait toute la puissance de cette pièce, une plaque de fer frappée avec un objet métallique de manière irrégulière. Nature et culture se confronte et se mélange dans une pièce aux allures aléatoires et incantatrices. Magnifique (et en plus elle dure près d'un quart d'heure!). Daniel Blinkhorn revient ici pour la troisième fois avec un étrange enregistrement intitulé small glacier from shoreline où sont diffusés des crépitements étonnants et singuliers, entre le grésillement d'un feu, des bois qui se roulent les uns sur les autres, et du plastique rempli d'eau secoué. Autre enregistrement étonnant, direct et intense, estonian swamp de Simon Whetham. Ce dernier a mixé ici de nombreux enregistrements pris sur un marais estonien avec ses insectes, son coucou, et autres oiseaux. Une grande puissance évocatrice pour une pièce très figurative et pleine de mélodies animales géniales. La pièce qui m'a certainement le plus marqué aux côtés de celles de Sally McIntyre et de Martin Clarke est air conditionner duct de Michael J. Schumacher. Amplification d'un système d'air conditionné qui vire à la noise, des fois à la harsh noise. Des timbres et des textures riches, puissantes, abstraites, abrasives, industrielles et métalliques. Une pièce très dense et intense.

Je n'ai pas parlé des pièces assez courtes (genre moins de cinq minutes) mais certaines valent aussi vraiment le coup. coed-y-dinas de Patrick Farmer avec ses cris et ses hurlements d'oiseaux pris sur une aire d'autoroute ou proche d'un quelconque axe routier assez fréquenté. Ou thames gate de Ben Owen avec ses "mystérieuses" mélodies concrètes sont autant de pièces qui mériteraient certainement d'être plus développées.

De même je n'ai pas encore parlé de Jason Kahn. Avec l'extrait tiré de in place: panorama weg, zurich, JK nous propose une alternative radicale à la phonographie. L'enregistrement ici est celui d'une voix qui nous parle des sons qu'elle perçoit. Qu'est-ce que j'entends, qu'est-ce que je ressens au moment de l'écoute? Pourquoi? Comment? Qu'est-ce que signifie tel ou tel son et à quoi renvoie-t-il dans mon système de perception? Autant de question évoquée directement par Jason Kahn qui m'a directement fait penser avec ce dispositif à Marguerite Duras. Une pièce qu'on pourrait appeler de la "musique indirecte libre". L'évocation poétique d'une perception ou d'une idée, mise en discours censé retranscrire la musique. S'agit-il encore de musique? La question reste ouverte. En tout cas, le dispositif musical mis en marche par Jason Kahn a le don de susciter de nombreuses ouvertures et de véritablement remettre en question l'art sonore et la phonographie.

Voilà, je finis juste par énumérer ceux dont je n'ai pas encore parlé ou que je n'ai pas cité: Hideki Umezawa et Alan Courtis. Bon voyage.

[informations, texte de Jason Kahn sur sa pièce, extraits: http://windsmeasurerecordings.net/catalog/wm30/index.html
compilation parallèle gratuite (.wav et .mp3) avec Michael Northam, Patrick Farmer, Martin Clarke, Stefan Thut, Greg Dixon, Lasse-Marc Riek, Janek Schaefer: http://windsmeasurerecordings.net/catalog/wm30m/]

Lee NOYES (solo & duo)

and/also - like also and any (idealstate, 2012)

and/also est un duo totalement acoustique, une forme instrumentale mille fois entendue déjà dans le free jazz: un duo saxophone/percussions, avec respectivement Stuart Porter à l'alto et Lee Noyes. Je parle de free car and/also adopte certaines caractéristiques de ce mouvement, l'instrumentation d'une part, et surtout le phrasé serré à la Ornette (qui semble même cité à la fin de la première piste), lyrique et mélancolique comme Ayler, de l'alto de Porter. Cependant, le duo va plus loin en intégrant d'autres éléments aussi importants durant ces quatre pièces et en éliminant certaines propriétés essentielles et/ou omniprésentes dans ce courant musical. On peut très vite se perdre dans ce paysage sonore qui n'évoque pourtant que des éléments déjà connus de beaucoup: Porter répète certains riffs parfois très swinguant, mais Noyes reste systématiquement à l'écart, joue à contretemps  ou réduit la rythmique à une seule grosse caisse frappant les deux premiers temps de manière monotone et neutre, sans parler de l'absence notable de crescendo et d'énergie furieuse pourtant propres au free. Et d'un autre côté, on ne peut pas non plus réellement parler de réductionnisme à cause des éléments rythmiques et mélodiques déjà évoqués malgré l'utilisation constante du silence, d’interactions décalées et de techniques étendues (archet sur cymbales, multiphoniques, etc.).

Du free jazz réductionniste? Peu importent les étiquettes, la musique proposée sur ce fantastique like also and any nous offre de vastes étendues sonores puissantes et originales, des espaces très aérés et poétiques, et une large palette de timbres et de formes d'interactivité utilisés avec parcimonie, sensibilité, et attention. Un duo simple et accessible, au-delà des genres et des étiquettes, très intense; en bref, un beau rafraîchissement et renouvellement de certaines musiques. Vraiment réjouissant, voire plutôt jouissif!

Tracklist: 1-also and any like / 2-and any like also / 3-any like also and / 4-like also and any

 Lee Noyes - Xiàzhì (idealstate, 2012)

Premier enregistrement solo aux larsens, Xiàzhì rassemble deux pièces enregistrées en studio plus une longue pièce live d'une demi-heure. Les deux premières jouent sur une succession de fréquences uniques qui varient selon les hauteurs, intensités, textures, volumes. Des fréquences autonomes et invariables en elles-mêmes, séparées par des silences ou des souffles numériques qui s'enchaînent sans logique apparente, car chaque son surgit de manière autonomisée sans ordre logique. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ces deux morceaux ne m'ont pas vraiment enchanté, on dirait une analyse abstraite des sons, une analyse froide où chaque bruit surgit de manière inattendue certes, mais aussi irrationnellement et dépourvue de tout sentiment comme de toute intention. Un peu comme si on avait extériorisée la création sonore dans un programme numérique produisant des larsens aléatoirement et chaotiquement.

Reste ce live qui prend tout de même la moitié du temps de ce disque. Un live beaucoup moins froid, abstrait et minimaliste que les deux enregistrements studio, où on peut agréablement entendre les textures se superposer de temps à autre, mais également les entendre moduler à l'inverse des fréquences générées au début. Une demi-heure plus vivante et moins austère, peut-être minimaliste, mais plus proche de Toshimaru que d'une copie médiocre de Sachiko. Xiàzhì génère des sons minimaux, réduits à presque rien, de manière austère. Un album dur, radical et extrême qui conviendra peut-être aux férus d'avant-garde et d'expérimentations électroniques mais qui, personnellement, m'a laissé aussi froid qu'une expérimentation creuse.

Lee Noyes & Radio Cegeste - to orient themselves with coastlines (idealstate, 2012)

Sans aucun doute, to orient themselves with coastlines est le plus réussi de cette nouvelle fournée néo-zélandaise. Aux côtés de Lee Noyes à l'électronique et à quelques percussions très légères et extrêmement sporadiques, on trouve l'artiste sonore Sally Ann McIntyre (alias Radio Cegeste), qui travaille principalement ici, comme à son habitude, sur des fréquences radios et l'électromagnétisme. Sur cet album, on trouve quatre pièces qui ont en commun de toutes être basées sur une trame tissée par les fréquences radios, AM et FM forment une sorte de bourdon et de ligne directrice sur lesquelles se greffent de multiples sources sonores toujours bienvenues, comme par exemple des percussions discrètes, des vieux vinyles, des enregistrements d'accordéon défectueux et de chants d'oiseaux, ou encore un thérémine. Il y a une profusion de sonorités et de textures qui s'emmêlent, se superposent, s'enchevêtrent et se structurent, mais cette profusion est organisée avec parcimonie et attention, jamais rien de chaotique malgré la richesse des matériaux. Les couleurs se superposent sans se mélanger, une grande attention est portée au déploiement de chaque texture et de chaque couleur durant cette espèce de collage au rythme contemplatif plutôt qu'épileptique. LN et RG développent chacun une texture globale pleine d'aspérités, ils déploient des paysages granuleux aux reliefs profonds et aux couleurs multiples, mais toujours à partir de fonds sonores corrosifs. En soi, les sons ont quelque chose d'agressif, du fait de leur grain, mais la délicatesse apportée à leur déploiement et la finesse de leur tissage font de ces broderies électroniques une musique délicate et poétique, sensible et envoûtante, belle et précieuse - ce que je ne mettrai pas sur le compte de la présence d'une artiste féminine... 

En bref, quatre pièces évocatrices et poétiques, aux couleurs claires et multiples. Modulations de fréquences et collages sonores granuleux, parasites technologiques et détournements médiatiques forment une suite sonore et narrative riche en textures. Des photos magnifiques, des notes intéressantes, quatre pièces magnifiques: Recommandé!