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Charbel Haber -  It ended up being a great day, Mr. Allende (Al Maslakh, 2012)

Premier solo du guitariste libanais Charbel Haber (qu'on peut entendre dans le groupe Scrambled Eggs), It ended up being a great day, Mr. Allende est une suite de quatre longue pièces orientées vers un  post-rock parfois proche du drone. Avec ces deux derniers disques, le label Al Maslakh s'écarte de l'improvisation libre pour deux publications beaucoup plus rock.

Des longues nappes, cordes ouvertes laissées en résonances, des textures qui rappellent un orgue électrique, textures où s'accumulent au fur et à mesure des pièces des strates de plus en plus imposantes. Charbel Haber pense ses pièces avec un sens aiguisé de la temporalité et de la couleur. La construction en strate se fait sur la longueur, sur un temps lisse qui n'est jamais ennuyeux, et qui révèle une facette toujours nouvelle de la construction sonore en cours. Je ne sais pas si c'est original par rapport aux autres groupes de post-rock, car je ne connais pas vraiment cette scène, mais j'ai quand même l'impression que Haber se rapproche ici d'une musique plus drone, comme une sorte de post-drone. En tout cas, Charbel Haber possède un sens de la mélodie et de l'harmonie assez exceptionnel pour de la musique expérimentale, d'une mélodie cosmique qui peut s'étirer dans une temporalité extérieure à nos perceptions habituelles, ce qui peut par contre se retrouver chez de nombreux groupes de post-rock. Peut-être se démarque-t-il d'eux surtout pour l'approche plus électronique et moins orchestrale que certains (je pense à Godspeed! You Black Emperor par exemple). En tout cas, original ou non, il s'agit d'une suite dont la construction est riche, complexe et précise, un travail de longue haleine, mûr et réfléchi, où les textures déployées révèlent des univers et des ambiances surprenants, variés et envoûtants.

Dead Country feat. Alfred 23 Harth - Gestalt et Death (Al Maslakh, 2012)

Dead Country est un quartet entre rock et improvisation libre originaire de Turquie. On y retrouve le leader de konstruKt Umut Çağlar (guitare électrique, synthétiseur monophonique, tape delay) en compagnie de Şevket Akinci (guitare électrique), Murat Çopur (basse électrique) et Kerem Öktem (batterie & percussions). Pour cet album publié sur le label Al Maslakh, on retrouve également le musicien allemand Alfred 23 Harth, au saxophone alto principalement, mais qui se permet également quelques excursions vocales, à la clarinette et à l'électronique. Ce dernier a collaboré plusieurs fois avec John Zorn, avec l'orchestre jazz d'Otomo Yoshihide ou encore avec des membres de Zu. Autant d'influences qu'on retrouve au sein de ces sept morceaux orientés vers une sorte de free-rock, assez saturée et énergique. Parfois, quelques teintes de funk, de punk ou de dub apparaissent, mais elles sont la plupart du temps noyées dans l'aspect free-noise de ce quintet. Un quintet qui sonne très fin des années 90, début 2000 en somme, très Zornien, genre Painkiller pour l'énergie et Naked City pour les collages et l'aspect éclectique. L'énergie est là bien sûr, avec un aspect très boute en train et assez surprenant, mais c'est tout de même déjà entendu. Ravira certainement les fans de free-rock, mais pour ma part, je trouve quand même que ça manque d'innovation, même si c'est plutôt agréable à écouter.

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