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Regina Dürig, Christian Müller, Frank Heierli & Beni Weber - Inventuren (Deszpot, 2012)

Inventuren est une suite de 24 pièces de musique électroacoustique et de textes récités. Les textes, entre la prose sensible et la poésie réaliste, "24 miniatures", sont lus et écrits par Regina Dürig, une jeune poète allemande qui réside en suisse. Quant au musicien, on trouve Christian Müller, fondateur de ce nouveau label qui publie ce disque, à la clarinette contrebasse et à l'électronique, Beni Weber au violoncelle et Frank Heierli à la batterie et à l'électronique. La voix uniquement parlée est monotone, les textes sont fondés sur la répétition, et à ses côtés la musique (improvisée la plupart du temps) est principalement électronique et souvent assez minimaliste. L'univers produit par ces quatre artistes sort des catégories et des étiquettes, il s'agit avant tout d'une tentative et d'une expérimentation pluridisciplinaire, il s'agit de faire cohabiter l'écriture, la poésie, la musique et l'improvisation. Ces 24 propositions sont en ce sens plutôt réussie, il y a une véritable communauté artistique où chacun a sa place en-dehors et à l'intérieur de sa fonction (musicale, sonore, signifiante, littéraire, etc.). Les quatre individus sont un appui pour chacun, ce n'est pas une musique d'accompagnement et la voix n'est pas en mode soliste ni récitative et uniquement chargée de sens. Ceci-dit, la musique manque parfois de consistance et l'aspect répétitif et monotone peut paraître redondant ou rébarbatif. Une tentative néanmoins intéressante et originale de conciliation des disciplines fondée sur l'intimité et une bonne écoute.

[informations, présentations & extraits: http://www.deszpot.ch/desz002_e.html]

Marc Lardon Solo -  Mörder in der Pulvermühle (Deszpot, 2012)

Également paru sur le label suisse Deszpot, Mörder in der Pulvermühle est un solo de Marc Lardon pour clarinette basse, contrebasse et électronique analogique. Il s'agit de six pièces enregistrées dans une immense usine désaffectée à la réverbération colossale. Des improvisations qui paraissent complètement composées dans la mesure où il s'agit de pièces polyphoniques d'une précision assez rare. Des pièces qui évoquent des marches symphoniques, mais aussi le rock progressif et RIO pour l'aspect martial et binaire de certains passages. Marc Lardon superpose les couches électroniques, acoustiques et la réverbération, et il en résulte un son unifié, lourd, saturé, très proche du rock (on croirait même entendre des riffs de death à certains moments). Les sources sonores sont souvent indistinctes, car la musique de Lardon a quelque chose de massif et lourd, de gras et pesant, malgré l'aspect polyphonique qui laisserait supposer une claire distinction des couches de son. de manière plus générale, c'est assez intense et plutôt prenant et enivrant - c'est assez plaisant en somme. Une musique qui plaira surement aux fans de Colin Stetson (pour l'utilisation spectaculaire de l'instrument, ainsi que pour les boucles et les riffs proches du rock et du post-rock), mais aussi, j'imagine, aux amateurs de RIO, peut-être plus qu'aux aficionados de musique improvisée...

[informations, présentation & extraits: http://www.deszpot.ch/desz001_e.html]

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