[drone sweet drone]

Avec ces deux productions, le label drone sweet drone s'approche de genres musicaux qui ne me touchent absolument pas. Un côté dark ambient pour l'un et un aspect post-rock pour l'autre. Après, ce n'en est pas à proprement parler, il s'agit plutôt d'effleurements, de flirts, et il s'agit dans les deux cas d'une musique surtout ouverte à d'autres horizons, de musiques singulières et expérimentales. Mais on est déjà assez près pour que mes mécanismes d'indifférences commencent à intervenir. Tout ça pour dire surtout qu'il s'agit ici de deux albums qui sont loin d'être mauvais, mais qui ne me touchent pas plus ça...

Détruire tous les humains - Dragster (Drone Sweet Drone, 2013)

Un projet au titre plutôt nihiliste mené par Manu Adnot (guitares) et Cédric Thimon (saxophone ténor & machines). Les accents post-rock que je notais à l'instant ne sont pas non plus omniprésents, on est souvent dans un territoire très proche de l'ambient qui navigue par moments, grâce au saxophone et aux effets de saturation et de distorsion, vers la noise et la musique improvisée. De longues plages contemplatives qui évoluent lentement et progressivement. Des plages inégales, parfois assez puissantes - notamment lorsque les machines et la distorsion sont de la partie, mais aussi assommantes ou vulgairement mélancoliques à d'autres moments. Je pense qu'une personne assez proche du post-rock, même si les codes de cette musique ne sont pas systématiquement utilisés, peut vraiment apprécier ce disque, pour l'aspect légèrement statique et mélodique de nombreux passages, même si Détruire tous les humains peut aussi jouer avec un discours parfois atonal ou bruitiste - mais tout en restant calme. Ou les amateurs de (post-)jazz(-ambient) à la Bohren & der club of gore peut-être. Moi je reste assez lointain et peu touché, sans pour autant avoir grand chose à critiquer.

[écoute: http://dronesweetdrone.bandcamp.com/album/dragster]

Golem Mécanique - Stroj / Zamek (Drone Sweet Drone, 2013)

Paradoxalement,c'est peut-être cet album de Golem Mécanique qui me paraît le plus réussi mais auquel j'accroche encore moins... Étranges mécanismes de la sensibilité... Il y a bien une recherche plus profonde sur les textures, sur le rapport entre voix et sons, et une atmosphère plus assurée, mais je reste encore réticent devant cette atmosphère justement.

Ce projet sonore nait d'abord d'un voyage à Prague, d'un recueillement sur une tombe, d'une errance dans les murs. Objet fantôme, de culte et d'une maitrise anarchique de la voix et du son, Stroj/Zamek se veut cérémonie païenne et conte onirique, boîte de Pandore retrouvée d'un peuple disparu. Nous disent les notes de présentation. Pas de doute, cette suite en deux parties de dark ambient expérimental possède bien un caractère irréel et fantomatique, voyage onirique hanté par des voix spectrales. Car ici, la voix est utilisée de manière atmosphérique, travaillée comme des nappes synthétiques et passée à travers leur filtre. Golem Mécanique propose un voyage sombre, méditatif, avec sa dose de recueillement mélancolique et de contemplation lascive et attristée. Une musique assez singulière, sensible et minimaliste, mais qui manque de consistance j'ai l'impression. Le bon point: une utilisation atmosphérique de la voix et de l'électronique qui se confondent en une ambiance unique.

[écoute: http://dronesweetdrone.bandcamp.com/album/stroj-zamek]

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