La Vierge de Nuremberg - Le retour de (LP)

LA VIERGE DE NUREMBERG - Le retour de (Bloc Thyristors/Bimbo Tower, 2012)
Si chaque décennie s'évertue à faire revivre une génération, la notre semble bien déterminée à continuer les années 80, notamment à travers une pelletée de groupes revival proches du post-punk et de la no-wave. Et c'est rarement agréable de voir une bande de moustachus branchés de vingt ans refaire la musique de Pere Ubu, des Contortions, quand ce n'est pas - en toute modestie - Joy Division ou The Cure. Tout ça pour dire que La Vierge de Nuremberg - projet qui regroupe Jac Berrocal (trompette, chant), Jean-Noël Cognard (batterie), Philippe Thiphaine (guitares), Ben Ajrab (basse), Rivkah (voix et claviers) et Quentin Rollet (saxophone alto) - s'apparente aussi à un de ces récents projets post-punk, sauf qu'il ne s'agit pas de la même catégorie de musiciens, puisqu'au moins trois d'entre eux sont clairement issus du jazz, du free et de l'improvisation libre (Berrocal, Rollet et Cognard).

Il s'y apparente, mais pour de meilleurs raisons qu'une vaine tentative de revival. La Vierge de Nuremberg, c'est autant rock que jazz, aussi punk que free. C'est avant tout du post-punk dans la mesure où le groupe a compris les limites de chaque genre, les repousse et es brise, mais surtout parce qu'ils ne font que ce qu'ils ont envie de faire, avec passion et persévérance. Du coup, c'est parfois inattendu et original quand les esthétiques se croisent et se mélangent, c'est aussi parfois kitsch comme un morceau de Noir Désir, mais aussi poétique comme du Miles, ou urgent et libre comme du free.

Les pièces sont courtes et très différentes - même si on n'est jamais très loin du rock. Les propositions sont nombreuses et inégales, certaines m'indiffèrent (les plus rock et conventionnelles) et d'autres me réjouissent beaucoup (les plus virulentes ou les plus osées). Mais peu importe à vrai dire. Quelque soit la musique proposée, quelque soit sa valeur à nos yeux, elle est toujours jouée comme il se doit : avec de la passion, des tripes et de la joie. Toutes les idées ne me plaisent pas non mais l'investissement est si énergique et passionné qu'on se laisse facilement prendre au jeu. Il s'agit quand même de rock très inspiré, libre et, je le répète, passionné. Très bon travail.

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