wasted capital (cassettes)

VASCO ALVES - volume 1 (Wasted Capital, 2013)
C'est la grande mode de publier des cassettes, y compris pour les musiques pop et rock. Parfois, j'ai du mal à comprendre les raisons de ce retour aux bandes, même financièrement je ne suis pas sûr que ce soit plus rentable. Mais pour certaines musiques, le choix est très compréhensible. Quoi de mieux qu'une publication en cassette pour cette nouvelle pièce de Vasco Alves par exemple, qui n'utilise ici qu'un enregistreur cassette portable apparemment très cheap.

En effet, ce premier volume ressemble à une sorte de mix très pauvre, pour cassettes audios dégeulasses. Vasco Alves prend une cassette, la diffuse quelques dizaines de secondes, la ressort, en prend une autre. Sur ces cassettes, ce n'est parfois que du bruit abstrait, des modulations électromagnétiques souvent, des sortes de field-recordings aussi, et des samples de musiques, électroniques ou non. Vasco Alves semble épaté par son enregistreur cassette, par les textures possibles, par les oscillations, les filtrages et les modifications provoquées par les champs magnétiques. Concrètement, ça fait une suite de courtes miniatures qui ne sont reliées que par la démarche, des miniatures disparates traitées dans lesquelles Vasco Alves nous plonge à travers une recherche qui va chercher les grains insoupçonnés des bandes.

Sur cette cassette d'une seule face de vingt minutes environ, on se retrouve plongée dans une sorte de kaléïdoscope lo-fi, proche d'un art brut archaïque, une plongée très physique dans le son de l'enregistreur.

LOUIS RICE - Degenerates (Wasted Capital, 2013)
 Autre cassette parue sur le même label, Degenerates est une suite de courtes pièces - qui semblent en partie improvisées - par Louie Rice (synthétiseur analogique, haut-parleurs, micros et objets), artiste qui collabore entre autres avec Vasco Alves justement.

Je signale leur collaboration car malgré une grande différence instrumentale, une sorte de communauté musicale semble s'établir entre ces musiciens. Sur Degenerates, Louie Rice joue sur des fréquences simples, sur des textures brutes. Comme son camarade, il saute à pieds joints dans le son en tant que phénomène physique. Avec cinq courtes pièces d'environ cinq minutes, Louie Rice s'intéresse à la réalité sensible du son, à sa vibration dans l'air, à sa réalité tactile et acoustique. Les cinq pièces sont assez épurées et dépuillées, des couleurs noisy sont utilisées, on trouve beaucoup de fréquences extrêmes et parfois agressives, des textures abrasives également, mais Louie Rice ne les utilise pas pour leur potentielle agressivité, mais pour leur richesse sensible.

De la noise brute toujours, de la noise dépouillée de son intensité qui s'intéresse surtout aux spécificités sensibles des sons. C'est simple, épuré, direct. Pas de virtuosité, pas d'intensité, mais une réelle attention au son, à sa diffusion et à sa texture. Du travail brut, mais efficace.

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