Oren Ambarchi - Audience of One (Touch, 2012)

Nouvel album solo du guitariste australien Oren Ambarchi, Audience of One a de quoi surprendre, mais également de quoi laisser dubitatif... Pour cette suite de quatre compositions, qui font appels à plusieurs musiciens que je ne connais pas, hormis Eyvind Kang, Ambarchi propose une suite qui navigue entre le drone et la chanson... 

Les trois courtes pièces qui entourent "Knots" varient d'un style à l'autre, entre ambient, electro-rock et folk assez sombres. Si elles ont en commun d'être toutes teintées de mélancolie et de noirceur, ce qu'elles partagent également avec "Knots", elles sont néanmoins plus faciles d'écoute du fait de leur caractère mélodique, mais également du fait de leur durée moins excessive, ainsi que grâce à leur caractère plus propre et lisse. Certains les jugeront trop lisses et creuses peut-être, d'autres crieront à la nouveauté, au courage et à l'audace. Quant à moi, je me rangerai plutôt parmi les premiers, car exceptés quelques airs assez beaux et un aspect tout de même assez intime et sensible, je n'arrive tout de même pas à supporter les mélodies mielleuses de "Fractured Mirror" par exemple. Et même s'il y a quelques compositions plutôt sensibles et réussies pour "Salt" et "Passage", ces trois pièces n'ont pas forcément des masses d'intérêt. Mais peut-être certains y trouveront leur compte...
 
Quant à "Knots", du haut de sa trentaine de minutes, elle est sans aucun doute la pièce la plus importante et la plus réussie de cette suite. Une pièce épique, incendiaire, qui commence par un drone électrique, abrasif, fluctuant, sur lequel se grefferont petit à petit une batterie impatiente et nerveuse (Joe Talia), des cordes, un cor anglais, et quelques percussions. Sans oublier les guitares, bien sûr. Discrètes au début, dans une veine acide-psychédélique, les longues vagues acides d'Ambarchi prennent petit à petit une ampleur de plus en plus conséquente, dense, charismatique, électrique, corrosive et puissante. Car formellement, la construction de "Knots" est simple, il s'agit d'un crescendo, mais un crescendo total, où le volume monte, mais également la tension, l'intensité, la densité et la puissance. De ce fait, le drone prend progressivement, très lentement, une ampleur qui deviendra vite pachydermique, monstrueuse, notamment lorsque les effets de réverbération, de saturation et de distorsion qui médiatisent la guitare seront poussés à leur paroxysme. Avant que tout ne redescende calmement, convenablement, afin que la fin ne brusque pas la sensibilité des auditeurs, déjà mise à vif tout au long de cette descente aux enfers.

Un album qui aurait facilement pu être hallucinant s'il n'était composé que de cette pièce formidable, mais qui est malheureusement un peu trop noyé par les trois airs un peu trop creux qui l'entourent (chansons et morceaux qui ouvriront peut-être l'audience d'Oren Ambarchi à un public plus élargi, ce qu'il semble aussi rechercher à travers ses multiples projets et collaborations)... Mais tout de même recommandé pour l'épique "Knots".

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