Tomas Korber & Konus Quartett - Musik für ein Feld

TOMAS KORBER & KONUS QUARTETT - Musik für ein Feld (Cubus, 2014)
Je ne connais pas très bien Tomas Korber, j'ai du entendre ses collaborations passées avec Jason Kahn, Günter Müller, Keith Rowe ou encore dieb13, mais jusqu'à présent, je n'avais pas encore entendu un de ses travaux écrits je pense. Et pour une première approche des compositions de Korber, Musik für ein Feld est sans aucun doute une surprise, une très agréable surprise même.

MFEF est une longue pièce de plus d'une heure interprétée par un quatuor de saxophones, le Konus Quartett, qui comprend Christian Kobi aux saxophones ténor et soprano, Fabio Oehrli au soprano, Stefan Rolli au bariton, et Jonas Tschanz aux saxophones alto & soprano ; Tomas Korber participe également à la réalisation de sa pièce en traitant les saxophones, et en ajoutant quelques sinusoïdes et feedbacks. MFEF est divisé en quatre ou cinq parties d'une durée à peu près égale, chaque parties étant séparées par des silences plus ou moins long (peut-être jusqu'à deux ou trois minutes). Il s'agit d'une musique délicate et très précise qui joue beaucoup sur les volumes et les textures. Tout part d'un souffle imperceptible qui s'amplifie de plus en plus (durant presque dix minutes) qui s'amplifie jusqu'à atteindre une sorte de bruit blanc acoustique ; puis suit une partie assez forte qui joue sur les parasites acoustiques et électroniques, avant une autre superbe partie pour notes tenues et sinusoïdes qui n'est pas loin de Phill Niblock, et ainsi de suite. On passe progressivement, sans jamais s'en rendre compte, de volumes très faibles à des masses sonores très fortes, on passe d'une source purement acoustique à un bloc de son complètement traité et transformé par ordinateur, ou à de l'électronique pur. Il y a de nombreux types de matériaux sonores : le silence avant tout peut-être, du bruit faible, du bruit fort, de l'électronique et des parasites, des sinusoïdes informatiques, des larsens, des instruments joués traditionnellemnt ou avec des techniques étendues ; des matériaux qui varient en volume, en densité et en intensité.

Toute la force et la beauté de cette pièce est de nous emmener de manière progressive et linéaire vers un territoire sonore toujours innatendu. Du souffle au cluster, du silence absolu au ff, des notes de saxophones aux feedbacks, de l'accord microtonal avec sinusoïde aux bruits imperceptibles. Tomas Korber a composé MFEF comme un long glissement de terrain. Un glissement naturel et sensible d'un territoire à un autre, qui se fait toujours sans rupture. Une musique très riche, intelligente, dense et aérée en même temps, construite avec beaucoup de soin et de précision envers les matériaux sonores et les différentes variations qu'ils offrent. Conseillé.

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