K2/GX - Convulsing Vestibular

K2/GX - Convulsing Vestibular (4iB, 2013)
30 ans après leur première collaboration, les deux artistes très noise K2 (Kimihide Kusafuka) et GX Jupitter-Larsen reviennent avec un excellent split sur CD, publié par la label singapourien 4iB. 30 ans après, ça ne rigole toujours pas, et ce disque n'est toujours pas à mettre entre n'importe quelle main.

K2 ouvre le disque avec trois pièces dignes de la réputation de la japanoise. Kusafuka utilise pour ces pièces un piano, un violon électrique, une table de mixage en larsen, un monotron, une boîte à rythme analogique, et un MTR. Je ne connais pas trop le travail de ce dernier, mais à l'écouter, on dirait une rencontre furieuse entre Merzbow, Masonna, Incapacitants et Gerogerigegege. Du pur harsh noise tout ce qu'il y a de plus sauvage : larsen, clusters, ruptures constantes, une boîte à rythme gabber, dissonances, saturation maximale, intensité et densité toujours plus forte et large. K2 propose trois pièces d'une violence inouïe, trois assaults sonores d'environ dix minutes chacun mais qui ne se différencient quasiment pas. Il s'agit de pure musique bruitiste et japanoise, dans la grande tradition des années 80 et 90 : on prend quelques instruments, on les trafique, on les amplifie, et on joue le plus fort et le plus rapidement possible. En tout cas, dans le genre, c'est vraiment réussi : on est au bord du supportable, mais on ne s'ennuie pas. Très bon.

Quant à GX Jupitter-Larsen, il ne propose qu'une longue pièce d'environ vingt minutes. Une très belle composition qui commence avec une boucle tribale et hypnothique de 10 minutes. Ca ressemble à une espèce de drone dégeulasse fait à artir d'une cassette mis en boucle. Une sorte de rythme tribale qui peut en fait être fait avec n'importe quoi, un rythme lancinant, constant, immuable, sale, non agressif, avec quelques fréquences fantomatiques dans le fond. Puis la seconde moitié du morceau est constituée d'un long drone avec une fréquence grave unique. Juste une sorte d'oscillateur, avec une fréquence carrée ou rectangle, presque sans enveloppe, sans filtre, une fréquence simple, épurée, monotone, continue, et toujours aussi hypnothique. Jupitter-Larsen continue de travailler sur la constance, le minimalisme, les blocs de son, l'épuration et la simplicité, pour accéder à des états de conscience uniques. Et c'est pour ça qu'on l'aime. Excellent.

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